“Alors, on vous voit quand avec les enfants?”

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“Alors, on vous voit quand avec les enfants?” : c’est une question que l’on nous pose fréquemment mais à laquelle nous ne savons répondre… mais aussi une question sur laquelle nous avons peur de nous engager…

Scoop pour les amis, la famille : c’est normal que nous ne répondions pas tout de suite à vos invitations, nous ne savons quoi vous dire ! Nous ne savons pas si notre énergie nous permettra de profiter de ce moment avec vous… Devrais-je plutôt parler de manque d’énergie ? Sleepy smile

Voici quelques conseils pour vous aider.

 

En temps normal

En devenant parent, on se dit qu’avoir un enfant ne changera pas notre quotidien. Enfin, un peu mais pas trop. En tout cas, pas de quoi refuser les invitations, les sorties, les soirées tardives, les mariages…

A la naissance de mon premier enfant, nous avons en effet tout accepté. Fatigués que nous étions par les nuits hachées, nous souhaitions que notre tout petit lapin s’adapte ! Oui, c’était à lui de s’adapter, pas à moi ou à mon conjoint. Si peu… Au bout de quelques mois, nous avons rendu les armes ! La fatigue a eu raison de nous, notre tout petit lapin était beaucoup plus résistant que nous ! Et en plus, nous avons mis des mois à retrouver un niveau d’énergie satisfaisante.

En effet, le couple qui désire avoir un enfant possède certaines attentes. Nous idéalisons notre future vie de parent. D’autant plus que la société occidentale nous renvoie une image positive et optimiste de la parentalité. Or, les besoins des parents changent. Avant l’arrivée d’un enfant, le couple a une identité sociale, amicale. Nous nous attendons à traverser les grandes étapes de la vie ensemble. Lorsque l’enfant naît, l’identité parentale prend beaucoup de place. S’occuper d’un enfant, c’est être pris dans une relation affective. Cela nourrit les parents.

Se projeter dans une sortie, c’est anticiper sur les couches à changer, les biberons à donner, les repas à prévoir, les jouets à emporter, les éventuels cris, crises, colères, la fatigue du lendemain voire de toute la semaine qu’il faudra pour récupérer… En effet, ça ne donne déjà pas très envie. Nous ne sommes plus deux, nous sommes trois, quatre ou six parfois!

 

L’organisation, c’est bien ! Déléguer, c’est mieux !

Oui, l’organisation… C’est souvent le conseil de nos amis ou parents qui ont oublié ce que c’était ! L’organisation va aider, c’est sur ! C’est même indispensable pour avoir des automatismes et ne pas se trouver à chercher cette (foutue) tétine partout dans la maison.

Mais je pense que déléguer est encore plus important.

Avoir la possibilité de déléguer quelques tâches ménagères ou faire garder ses enfants par ses parents ou ses amis si cela est possible est une aide incroyable. Pour moi, cela a encore plus de valeur. En effet, cela me permet d’avoir plus de temps libre afin de me ressourcer et avoir assez d’énergie pour accepter de nouvelles invitations !

 

Trouver du temps pour les autres, après en avoir trouvé pour soi

Il en faut du courage à ces parents qui acceptent toutes les invitations ou qui n’ont pas peur. Ne pas réfléchir, est-ce leur solution ?

Quelles sont les solutions d’ailleurs ? Trouver une baby-sitter, déculpabiliser de prendre du temps pour soi, de prendre soin de nous individuellement et de notre couple.

Il faut accepter.

Oui, il faut accepter de prendre soin de soi. C’est finalement la priorité. Traitez-vous bien et vous traiterez votre entourage de manière plus calme voire ZEN – n’ayons pas peur d’utiliser le mot !

Tout cela provoquera une réaction en chaîne, un cercle vertueux :

  • vous vous occupez mieux de vous ==> vous vous occupez mieux de votre famille ==> vous partagez davantage avec votre entourage ==> vous vous sentez mieux …

 

Et voilà ! C’est simple ! Enfin facile à dire… Un peu plus difficile à mettre en place.

 

Quelques obstacles sur votre chemin pour (enfin) accepter les invitations chez vos amis ou votre famille

Choisir d’améliorer les choses est une première étape mais au début vous aurez l’impression que tout votre environnement ne veut SURTOUT PAS que vous y arriviez.

C’est là qu’il faut persévérer, prendre sur soi, faire des premiers sacrifices pour que le cercle vicieux se transforme en cercle vertueux !

Vous allez devoir vous battre et accepter :

  • d’être interrompus dans ses conversations/coups de fil avec vos amis ou votre famille par les cris, les pleurs, les bêtises insignifiantes (qui nous poussent à bout)
  • de se faire vomir/baver dessus
  • de devoir jouer au lieu de discuter
  • de ne plus dire de gros mots : quels exemples Mer…credi, sacre bleu, flute…
  • de proposer des goûters dominicaux au lieu d’une soirée dans un bar
  • de somnoler quelques instants en soirée !

Les obstacles ou excuses pour déléguer et s’organiser afin de se libérer du temps seront nombreuses. Et vous n’aurez pas un jour (pas un seul) sans qu’il soit nécessaire de lutter pour mener à bien votre mission ‘temps libre’.

C’est seulement à force d’obstination et de volonté que vous pourrez enfin rentrer dans un cercle vertueux et accepter les invitations chez vos amis !

 

En cas de burn-out

Lorsque vous êtes en burn-out, c’est comme si le temps s’était arrêté. Vous êtes en pilote automatique. Vous n’arrivez plus à gérer votre vie, vos enfants, votre couple. Alors gérer les autres, n’en parlons pas.

Vous vous rendez aux rendez-vous prévus, obligatoires. Cependant, prévoir, anticiper, espérer sortir est non envisageable.

Vous n’êtes plus disponible pour vous-même, encore moins pour les autres. Vous abandonnez toute idée de sortie avant même d’avoir essayé de penser à une solution.

Si vous êtes en burn-out, vous ne prenez plus (jamais) de temps pour vous, vous ne voulez même plus vous occuper de vos propres enfants. C’est douloureux car ils vous semblent insupportables mais vous culpabilisez de ne pas leur accorder assez de temps.

Vous voulez fuir votre famille. Vous ne voulez pas vous montrer avec vos enfants car vous ne savez pas comment vous pourriez réagir à une crise… Et puis, on risque de vous poser des questions. Qu’allez-vous répondre ? “Tout va bien ! c’est merveilleux !” ou bien la vérité ? 🙁

En burn-out, votre priorité est souvent de se retrouver seul… pour dormir. Et même si on peut trouver un créneau pour sortir, on n’a pas envie de parler de nos soucis, on culpabilise. Car en apparence, tout semble aller bien. C’est difficile de faire semblant. Vous culpabilisez de ne pas en faire assez, mais vous êtes fatigués de devoir tout gérer.

N’oubliez pas, l’enchaînement à suivre :

  • pensez d’abord à vous
  • ensuite à vos enfants
  • puis votre couple / famille
  • et enfin votre famille proche et vos amis !

C’est un peu comme en avion, vous devez d’abord mettre le masque à oxygène pour vous et ensuite pour les personnes autour de vous. Cela paraît contre nature pour notre vision de parents idéaux mais c’est ainsi que nous pourrons le mieux aider tout ceux qui nous entourent et qui nous sont chers.

D’ailleurs, c’est le même principe en secourisme ou pour les pompiers. Il faut d’abord sécuriser la situation ou la vie de la personne qui vient aider. Pas facile à accepter pour nous qui sommes parents.

 

Pour finir voici 7 conseils pour vous sentir mieux et accepter les invitations de votre entourage !

Tous ces petits changements ne sont pas si simple à réaliser. Vous trouverez ci-dessous 7 conseils pour améliorer votre vie personnelle et familiale :

  • évaluer vos besoins et ceux de votre famille
  • apprenez à oser  : prendre soin de soi, prendre du recul, vous reposer!
  • apprenez à être à la bonne distance : chacun à sa place
  • reprenez confiance en vous
  • apprenez à lâcher prise
  • acceptez que l’on vous aide
  • apprenez à régénérez vos énergies

 

N’hésitez pas à indiquer dans les commentaires toutes les difficultés qui vous empêchent de faire les choses dont vous avez envie ou tous les freins qui vous empêchent de sortir voir vos amis !


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Cathy Guillaume

Cathy est psychologue et psychothérapeute depuis plus de 10 ans et maman de 2 garçons. Elle intervient auprès de parents épuisés ou de parents qui sont déjà en burn-out parental. Elle intervient également auprès de couples en difficulté. L'arrivée de son deuxième enfant lui a fait découvrir le burn-out parental. Le burn-out maternel pour elle et le burn-out paternel pour son conjoint.

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