“Maman, j’ai fait une bêtise !”

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J’arrive à l’école de mon fils en petite section et la maîtresse m’interpelle : “ha (gênée)! je ne savais pas si j’allais vous voir… Votre fils a fait une bêtise… Sur l’heure de midi, il a tiré la chasse d’eau d’un toilette qui était condamné car il était bouché depuis des mois. Il le savait, il n’a pas écouté et il a inondé les toilettes ! Du coup, je vous ai mis un mot dans le cahier car ce n’est pas la première fois… C’est dommage car en début d’année il était si sage et si mignon !”. La voilà déçue. J’hésite entre sourire de cette situation, être en colère ou être déçue moi-même. Je retrouve mon fils qui m’avoue d’emblée en sortant de la classe : “maman, j’ai fait une bêtise !”.

Mon premier mot dans le cahier !

Quatre mois après la première rentrée de mon fils. Je ne sais pas si c’est moi qui me fait gronder ou lui. Je ne sais pas quelle réaction je dois avoir. Quelle réaction est appropriée ?

Que dois-je faire face un tel comportement (une “bêtise” par exemple) ? Que dois-je lui dire ? Dois-je donner de l’importance à ce comportement ? Dois-je le punir ? Comment ? Ai-je le droit d’utiliser telle méthode ? Dois-je ignorer ? Une punition est-elle adaptée ?

Si je le punis, je vais lui coller une étiquette Mr Bêtise sur les épaules. Si j’ignore, il pensera que je m’en fiche ou il pensera que ce n’est pas important et il recommencera.

Les parents d’aujourd’hui se posent parfois beaucoup (trop!) de questions.

Je reçois très souvent en consultation des mamans ou des papas qui me présentent leur enfant afin que je règle un souci. Ce souci est en fait une difficulté due à l’âge de l’enfant, non pas un problème en soi. Mais ce “problème” semble les mettre en difficulté dans leur rôle de parent. Je dois alors surtout rassurer les parents, les guider. Je leur donne des pistes de réflexion, je les aide à comprendre et à dédramatiser.

Bref, je constate que les parents d’aujourd’hui ont peur de mal faire, culpabilisent. D’autant plus qu’ils sont parfois isolés : la famille est éloignée géographiquement par exemple. Ils manquent de repères : les conseils de nos aînés ne pas toujours adaptés. Ils culpabilisent par des discours culpabilisants et réducteurs qui ne tiennent pas compte de la situation globale : mon fils en l’occurrence n’est pas devenu Mr Bêtise, il est sage aussi.

La bonne méthode ?

Il n’y a pas de bonne méthode, faites comme vous pouvez ! Il n’y a pas de parent parfait comme dit Isabelle Filliozat. Votre enfant ne sera pas non plus parfait. Il aura ses soucis à lui dont vous porterez parfois la responsabilité et non pas la culpabilité.

Vous êtes responsable de votre enfant. Ne vous sentez pas coupable pour les difficultés qu’il peut ou pourra avoir.

L’important est d’être attentif, du mieux que vous pouvez. Apprenez à repérer ses ressources, ses capacités, ses compétences. Ainsi que les vôtres. L’important est d’apprendre à se connaître, votre enfant est un être qui grandis et découvre le monde. Il n’a pas décidé de faire une bêtise pour vous embêter. Ou alors, il se peut qu’il cherche à vous interpeller, à avoir votre attention.

Les professeurs d’école ne sont pas suffisamment formés, ils sont désarmés et donc parfois maladroits. Dans mon cas, mon fils n’est pas devenu Mr Bêtise parce qu’il en a fait une. Il ne devient l’acte qu’il a commis. Il est toujours mignon, mais il découvre le monde, il s’affirme. Mais j’admet que c’était tout de même important que je sache ce qu’il fait à l’école ! Cela me permet de refaire le point. Smile

éducation positive-burn out parental-épuisement parental

Selon moi, c’est en famille qu’il fallait résoudre cette question. Cela me semblait important que mon fils comprenne que son papa et moi coopérons, en parlons.

Il me paraissait important que nous lui disions ensemble ce que nous ressentons, qu’il comprenne ce qui est bien et ce qui est mal à notre sens. Que nous essayons ensemble de comprendre ce qu’il s’est passé. Et que nous essayons ensemble de trouver une réponse appropriée à ce problème : qu’aurait-il pu faire à la place ? (demander à la maîtresse ce qu’il se passerait si quelqu’un tirait la chasse d’eau par exemple).

3 conseils pour vos enfants

Il est important de se rappeler que votre enfant/adolescent est un être en construction. Il apprend tous les jours. A chaque âge sa spécificité et ses problématiques.

Pour un enfant :

  • mettre des mots sur ce qu’il s’est passé : “ La maîtresse appelle cela un bêtise mais sais tu ce que c’est une bêtise ? “. Votre enfant imite les autres, teste les limites, expérimente. Il n’y a pas de mal à cela. Ce qu’il doit entendre c’est qu’il était peut-être en colère ou simplement curieux…
  • mettre des mots sur les émotions qu’il a pu ressentir : “tu étais en colère ? ; tu voulais comprendre ? ; tu étais triste ?…”. Cela lui permettra peu à peu de comprendre ce qu’il se passe en lui, de remplacer les actes par les mots.
  • être solidaire en couple parental. Même si vous êtes séparés, il est indispensable de se mettre d’accord devant votre enfant. Il ne doit pas être au centre des conflits au risque de le faire se sentir responsable. Papa et maman doivent se mettre d’accord en amont afin de gérer une situation de crise et avoir une réaction juste.

Pour un adolescent :

  • lui expliquer ce que vous éprouvez, que vous lui expliquiez ce que vous ressentez “je ne comprends pas, je suis surpris(e)”. Vous n’êtes pas indifférent à ce qu’il se passe. Vous ne l’ignorez pas.
  • laisser la place à un échange, ce n’est pas parce que vous n’êtes pas content(e) que vous ne pouvez plus parler. Cela ne signifie pas qu’il faille parler à tout prix. Ne communiquez pas trop mais communiquez bien. Si votre adolescent a décidé de s’enfermer dans sa chambre, laissez lui du temps et signifiez lui que vous êtes là pour lui même s’il n’en pas l’impression.
  • admettre que vous n’êtes pas un parent parfait mais que vous faites et dites ce que vous pensez être le mieux pour lui. Votre adolescent a besoin de s’affirmer, il développe sa propre personnalité. Il a désormais son mot à dire, c’est même important qu’il fasse des erreurs et puisse avoir la possibilité de vous en parler sans être jugé.

A vous de jouer, dites moi en commentaires quelle a été la bêtise vous ayant fait vous questionner sur votre rôle de parent !


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Cathy Guillaume

Cathy est psychologue et psychothérapeute depuis plus de 10 ans et maman de 2 garçons. Elle intervient auprès de parents épuisés ou de parents qui sont déjà en burn-out parental. Elle intervient également auprès de couples en difficulté. L'arrivée de son deuxième enfant lui a fait découvrir le burn-out parental. Le burn-out maternel pour elle et le burn-out paternel pour son conjoint.

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