Qu’est-ce que le burn-out parental ?

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J’ai compris que nous étions au bord du burn-out lorsque ma famille s’inquiétait pour nous, ce qui a permis que cette situation ne dure pas. Cet épuisement intense ne cessait pas. Cette envie de toujours en faire plus mais de pédaler dans la semoule… l’irritabilité, les conflits dans le couple et en famille…

Ce n’était pas normal.

Etre parent, c’est stressant. On oublie souvent de nous le dire.

Aux mamans d’avant, on leur disait : “tu enfanteras dans la douleur!”. Au moins, elles étaient prévenues.

Dans notre génération, devenir parent est perçu comme quelque chose de merveilleux “c’est le plus beau jour de ma vie!”, “je l’ai aimé au premier regard”. C’est peut-être vrai pour certains, pas pour d’autres. Lorsque ce stress devient chronique, qu’il nous envahit, le burn-out peut faire son apparition.

 

Le burn-out, c’est quoi?

Le burn-out a d’abord été utilisé dans le domaine du travail. Il est définit comme suit : état de fatigue intense et de grande détresse causé par le stress au travail.

Dans le cas du burn-out parental, cet état de fatigue est lié au fait d’être parent. Souvent le burn-out parental démarre par une envie d’en faire trop, d’être partout à la fois. Il nous faut être la mère parfaite, le père idéal. C’est une forme de perfectionnisme qui mène à une forme d’échec. Nous voulons absolument être aussi performant que le parent que nous avons rêvé d’être !

Il ne s’agit pas d’un baby blues qui correspond à une déprime qui survient dans les 3 à 10 jours après l’accouchement. C’est une hypersensibilité à la moindre contrariété qui cesse rapidement.

Il se différencie aussi de la dépression qui n’est pas liée au fait d’être parent seulement. La dépression est un état beaucoup plus global.

La définition de mon conjoint

J’ai demandé à mon conjoint de donner sa propre définition du burn-out paternel, de m’expliquer ce qu’il avait ressenti.

Selon lui, le burn-out parental c’est :

  • quand j’arrive enfin à me brosser les dents à 18h00 alors que j’ai mangé à 8h00. On ne parle même plus de douche à ce niveau là…
  • quand mon moment préféré de père est que mon fils dorme… Dans mes bras bien sur ! Parce qu’il est impossible de le poser sans qu’il se réveille… Mais au moins, je peux tenter une sieste dans le fauteuil !
  • quand je crames des demi-journées de congés payés pour faire la sieste…
  • quand je préfères aller dormir alors que mon fils est d’humeur à sourire (la fuite…)

Dans cette courte description avec des exemples précis, on peut toutefois retrouver les 3 symptômes des personnes en burn-out parental.

Voici les 3 symptômes principaux qui se retrouvent chez les parents en burn-out:

L’épuisement émotionnel et physique

Quelque soit le moment de la journée, vous vous sentez fatigués. Dès le réveil, vous réfléchissez déjà à ‘quand est-ce que je vais pouvoir dormir ?’.

A peine réveillé, vous n’avez aucune motivation. Quelque soit la tâche à organiser, cela demande déjà trop d’effort. C’est comme si toute votre énergie, votre volonté, votre enthousiasme, votre joie de vivre s’était évaporés. Vous ne voyez que les difficultés qui vont vous arriver dans la journée. A vrai dire, vous n’imaginez même pas que de bonnes choses puissent vous arriver aujourd’hui… Et si quelqu’un ose vous dire qu’il faut être positif, vous allez soit vous énerver soit décider de ne plus lui adresser la parole pendant quelque temps !

Puis, les premiers pleurs, colères, cris arrivent et souvent le premier pic de stress de la journée… Est-ce que ça va durer 5 minutes ? Est-ce que ça va durer jusqu’au soir ?

Très vite, vous perdez aussi confiance en vous et en votre rôle de parent, ce qui accentue encore plus le stress. Mais surtout vous vivez avec ce stress 24h/24h, le stress ne vous quitte plus. Puis vous agissez ‘sans réfléchir’ ou ‘sans essayer de comprendre ce qui se passe’. Après l’opération de mon fils, je ne savais même plus à quoi servaient certains médicaments.

C’est un cercle vicieux qui vous épuise insidieusement.

L’éloignement du reste de la famille : enfant et conjoint

La majorité des interactions avec vos enfants se font dans la douleur : pleurs, irritation, énervement, colère, fatigue… Vous essayez alors de vous protéger inconsciemment en réduisant les interactions avec eux.

Le petit n’a qu’à pleurer un peu (de toute façon, il ne fait que ça…)

Le grand va regarder la télévision (et tant pis s’il fait la tête et est grognon…).

Les activités quotidiennes sont devenues automatiques, sans émotions. Vous ressentez une forme de désintérêt pour votre (vos) enfant(s). Ce qui accentue davantage le sentiment de culpabilité et la déprime “je ne suis pas à la hauteur”.

Avec votre conjoint, vous limitez au maximum les conversations car cela se termine en dispute. Les reproches pleuvent de partout :

  • tu ne te lèves pas la nuit !
  • C’est encore à moi d’aller le changer !
  • Prends-le pour une fois !
  • Le docteur a dit de faire ça ! Tu es docteur peut-être ?!

 

La perte d’efficacité et de plaisir

Tellement vous êtes stressés, vous ne réussissez plus à vous organiser. Vous ne prenez plus de plaisir à être avec vos enfants, à être en famille. Vous baissez d’autant plus les bras car votre comportement ne ressemble pas à l’image du parent idéal que vous rêviez d’être. Mauvais père, mauvaise mère : vous vous sentez nuls. Vous vous dîtes que ‘les enfants et la vie de famille, ce n’est pas pour vous’.

Le risque est de voir apparaître des difficultés qui vous dépassent :

  • avec vos enfants : vous devenez négligent, brutal, violent…
  • au sein de votre couple : des conflits apparaissent, de plus en plus souvent; vous êtes facilement irritable, susceptible; le désir sexuel pour votre partenaire se fait de plus en plus rare; vous parlez séparation…
  • pour vous-même : vous vous isolez; vous avez des problèmes de santé; vous prenez ou perdez du poids; vous êtes attirés par l’alcool et/ou la drogue…

De plus, vos actions ne sont pas réfléchies. Les problèmes n’ayant pas de solution à vos yeux, le niveau de stress ne cesse d’augmenter car les problèmes réapparaissent toujours rapidement. Vous ne cherchez pas à corriger le problème pour améliorer votre avenir, vous ne voulez qu’un soulagement immédiat. Vous savez que c’est inefficace.

Accepter de se faire aider

Si vous vous reconnaissez dans ces symptômes et difficultés, prenez cela au sérieux. Vous devez vous faire aider, mettre des mots sur ce qui vous arrive, stopper le cercle vicieux.

Lorsque ma famille nous a proposé son aide, nous avons eu raison d’accepter. Nous avons eu raison de ne pas vouloir prouver quoi que ce soit, d’accepter que nous étions dépassés. C’est plus facile à dire qu’à faire, surtout pour la maman !

Il nous fallait souffler, prendre du recul.

Grace à cela, nous avons sortis la tête de l’eau. Et je peux aujourd’hui tenter de vous aider du mieux que je peux! Winking smile

N’hésitez pas à laisser un commentaire. Partagez en dessous votre expérience et les situations difficiles que vous vivez aujourd’hui ou que vous avez vécu!


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Cathy Guillaume

Cathy est psychologue et psychothérapeute depuis plus de 10 ans et maman de 2 garçons. Elle intervient auprès de parents épuisés ou de parents qui sont déjà en burn-out parental. Elle intervient également auprès de couples en difficulté. L'arrivée de son deuxième enfant lui a fait découvrir le burn-out parental. Le burn-out maternel pour elle et le burn-out paternel pour son conjoint.

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